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La nuit souveraine, novembre 2014

Dans La nuit souveraine, le geste est étendu jusqu’à affronter l’obscurité de l’époque qui nous plonge dans une nuit qui, de souveraine, devient tyrannique. Nuit de l’aliénation sous toutes ses formes, dont la traversée de la ville, avec ses néons et ses vitrines, se fait accusation d’un temps qui nous réduit à néant. Quelle clarté viendra dénouer la nuit ? C’est qu’au-delà des carcans et des prisons, nous croyons à La résistance du soleil.

Extraits

Obscur,

obscur autour,

obscur qui nous entoure,

obscur des signes,

obscur des formes,

obscur à la lettre.

La nuit souveraine gouverne,

règne sur l’espèce humaine

en quête de clartés fugaces,

voile étendu

sur le corps endormi,

guidé par le songe.

Elle plonge dans ses rives nocturnes,

déployant son cortège d’ombres,

sa compagnie des heures profondes

où le sommeil si lourd

referme les paupières.

Soudain

s’éveille le désir

de ne faire qu’un

avec l’étoffe du dehors,

parcourir les méandres de la ville

à l’heure où les silhouettes se devinent.

Obscur de l’air,

obscur des rues,

obscur des façades,

obscur au porte à porte,

obscur en décor,

obscur encore.

Nous nous perdons

dans la couleur

de ses draps

si sombres,

âmes errantes.

Nous prenons cette route

à la lumière des phares,

comme on part à l’aventure,

défilent les arbres, les feuillages, les paysages,

plongés dans l’encre du sillage où revenir,

en train de s’écrire pour une dérive

où au bout de la quête,

on retrouve le foyer

où se reposer,

reprendre des forces,

être serein.

Le mystère de la chambre

se conjugue au charme du vent

qui vient siffler contre la vitre,

murmure l’appel externe

où respirer à grandes bouffées.

Obscur du périple,

obscur à l’épreuve,

obscur au fil du temps,

obscur lentement,

obscur lancinant,

obscur sans fin.

[…]

Ce vide

crevant à la surface,

de tout le poids de son silence,

trouait les crânes

en quête de l’instant

qui dénouerait l’ombre.

Ce quelque chose indéfinissable

dont l’absence criait dans tous les cœurs

pétris par une époque

ne laissant entrevoir

le moindre éclat,

qui le ramènerait ?

Quelle fulgurance

traverserait ce théâtre,

en trait sauvage et définitif ?

Novembre 2014.

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