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Jadis (à la croisée d'Une Saison en Enfer d'Arthur Rimbaud)

Jadis, si ma mémoire ne se joue pas de moi, tous les gestes étaient pleins, esquisses déployées du silence jusqu'au voyage.

Un soir, la nuit m'a saisi. - Et je l'ai trouvée féroce. - Et je l'ai combattue.

Je me suis armé contre l'époque.

Je me suis dressé. Ô coups du sort, ô petites misères, ô quotidien, c'est contre vous que je n'ai cessé de me battre !

Je parvins à faire inscrire au fond de moi, le sens d'une vie plus digne. Sur tout sarcasme pour le nier, j'ai gravé des mots de lumière.

J'ai appelé d'autres voix pour m'effacer derrière leur chœur. J'ai appelé les chants, pour me perdre en eux, encore. La musique a été ma déesse. J'ai tendu l'oreille. J'ai gardé une ligne mélodique. Et j'ai poussé un petit air frondeur.

Et le printemps m'a apporté sa part de joie.

Or, tout dernièrement, m'étant trouvé sur le point d'écrire l’ultime variation, j'ai songé à la saison de Rimbaud, à traverser à mon tour.

La poésie est la clé. - Mon aspiration prouve que j'ai rêvé !

« Tu resteras piètre, etc... » se récrie ce démon qui nargue de si lyriques envolées. « Trouble la vie avec tous tes désirs, et ta veulerie et tous tes moindres défauts. »

Ah ! j'en ai trop pris : - Mais, cher Arthur, je vous en conjure, une prunelle moins affûtée ! Et en attendant les petites tournures en trop, vous qui aimez dans l'écrivain la faculté de voyance ou le parcours en météore, je vous détache ces quelques feuillets épars de mon carnet secret.

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