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L'orage (à la croisée des poèmes en prose des Cahiers de Paul Valéry)

L’orage

 

L'orage éclate dans le ciel, coups de tonnerre, éclairs qui déchirent au-dessus de nos têtes un espace à nouveau trop vaste, trop terrible pour notre petite humanité – lourds nuages gris que la foudre perce en zigzag – les forces titanesques du chaos semblent avoir repris le pouvoir. Le vent siffle. La peur est palpable. Bientôt l'électricité de l'air foudroie tel arbre solitaire.

Le sentiment du sublime face aux éléments déchaînés nous fait sentir minuscules.          

Je sens l'absurde mission de l'art à représenter l'univers, quand d'un revers de la main, ce géant qu'est le cosmos peut anéantir toute velléité de tracer des formes en miroir, orgueil humain à donner sens à son passage, quand jusqu'aux plus belles architectures des grandes civilisations peuvent être réduites en cendres. La peinture de la catastrophe, de l'apocalypse, de la fin des mondes, ne manque pas d'urgence poétique, mais quel impact a-t-elle ?

Trop imbus de nous-mêmes, nous détournons le regard.

Et nous nous sentons impuissants à traduire notre impression de grandiose quand les énergies qui nous dépassent font frissonner la terre, déchirements célestes, assauts des pluies diluviennes, tourbillonnements des vents, feu des foudroiements, tout tremble d'une puissance comme divine dans une colère des origines dont nous sommes les derniers rebuts...

 

 

 

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