Top articles
-
L'orage (à la croisée des poèmes en prose des Cahiers de Paul Valéry)
L'orage éclate dans le ciel, coups de tonnerre, éclairs qui déchirent au-dessus de nos têtes un espace à nouveau trop vaste, terrible pour notre humanité – lourds nuages gris que la foudre perce – les forces titanesques du chaos semblent avoir repris...
-
Jadis (à la croisée d'Une Saison en Enfer d'Arthur Rimbaud)
Jadis, si ma mémoire ne se joue pas de moi, tous les gestes étaient pleins, esquisses déployées du silence jusqu'au voyage. Un soir, la nuit m'a saisi. - Et je l'ai trouvée féroce. - Et je l'ai combattue. Je me suis armé contre l'époque. Je me suis dressé....
-
Le Cri
Le Cri Plus grand que la bouche qui le pousse, il retentit, perce les parois de nos prisons, résonne dans toutes les consciences qui n'en ressortent pas indemnes, mais ébranlées par sa puissance, elles ne peuvent dès lors faire comme si ce dernier n'avait...
-
Variation, 8
Tout ainsi. Tragiquement, ainsi. L’homme au centre des secousses. À l’angle vif de la vie même. Avec sa marche inéluctable. Son cours tour à tour calme ou impétueux. L’homme engage son existence. Tâche de faire face. D’être digne de ce don. Lueur soudaine...
-
Variation, 7
Il se tient droit. Qui ? Le lecteur. L’imaginer droit. Tendu, tout droit, debout. Le dire droit. Le viser. Le regard farouche. Qui scrute ligne après ligne. Qui explore l’envers et l’endroit des mots. Qui en étend la portée. Envisager une vie debout....
-
La parole de l'aube
Elle point à l'horizon, et c'est un second souffle, une lueur d'espoir. J'ai veillé toute la nuit pour attendre cet instant qui déchirerait le ciel. Elle point donc, et c'est un sursaut, un réveil qui redéploie une à une les vertèbres de ma colonne. Non...
-
Les Fragments du Cri, 7
« Que chaque homme crie : il y a un grand travail destructif, négatif à accomplir. Balayer, nettoyer. La propreté de l'individu s'affirme après l'état de folie, de folie agressive, complète, d'un monde laissé entre les mains des bandits, qui se déchirent...
-
CRIRE! (Les Fragments du Cri, 8)
CRIRE ! (Micro-Manifeste DADA à l'aube du nouveau millénaire) Oui-da, DADA a tout dit, de la bêtise de la guerre à la guerre à la bêtise, donc d'abord DADA, et après ? Que nous reste-t-il du souffle frondeur de nos téméraires anciens dans la nuit qui...
-
"Chant", hymne.
Il s'élève lentement. Il emplit peu à peu l'espace, fondateur. Il se fredonne comme un petit air frondeur. Il touche à l'essentiel. Il dépasse les voix qui le portent. Chant de ré-enchantement. A l'heure où le réel laisse un goût amer, il est cette capacité...
-
Variation, 4
Le corps sera le point de départ. L’épicentre même de cette ascension de la chair jusqu’au verbe. De celle qui retrouve les formules qui hérissent. Font vibrer l’âme par la sensualité des phrases. Le corps. Le corps donc. Tel le refuge de cette écriture...
-
Bruno Sellenet, extrait de PARCOURS, février 2017
Âpres visages, âpres vérités Je dirai la dureté des visages, malgré le diaphane de la peau-parchemin froissée par votre créateur pour mieux signifier votre fragilité. Elle ne réside pas dans la gueule cassée, dans la maigreur squelettique, elle est tout...
-
Parution de PARCOURS, février 2017, co-édité par l'association "Les oiseaux de passage" du Somail.
Parcours: quatre artistes (Bruno Sellenet, Fernand Soual, Claude Abad, Jérémy Bonnamy), quatre univers interrogés par l'écriture (Rémy Soual), un parcours à cinq donc, à la croisée de la poésie et des arts plastiques... « Au-delà des variations techniques,...
-
Les Fragments du Cri, 5
« car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse… » (Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal, 1939) Et si le cri n’était pas le propre du loup qui hurle à la lune, mais de l’être humain qui retrouve sa dignité dans la revendication, en signe...
-
Les Fragments du Cri, 4
« au lieu d’être comme des suppliciés que l’on brûle et qui font des signes sur leurs bûchers. » (Antonin Artaud, Le Théâtre et son Double, 1938) Celui qui affirma dans L’Ombilic des Limbes : « La vie est de brûler des questions » ne saurait envisager...
-
Les Fragments du Cri, 6
« Les yeux seuls sont encore capables de pousser un cri. » (René Char, Feuillets d’Hypnos, 104, 1943-1944) Ce cri des yeux, effroi face à l’horreur ou extase face au sublime, qui est encore capable de l’entendre ? Le géant protecteur possède ce sens aiguisé...
-
Variation, 6
D’abord le corps, donc. D’abord sa verticalité. Non d’abord la verticalité du corps et l’horizontalité de la page. Les deux scellés. Rectitude fière et repos de la terre déposée sur la feuille. Car l’encre est plus terre qu’eau. Plus tellurique, plus...
-
Variation, 11
En ce lieu. Où chacun se retrouve. Guette le visiteur. Essayer voir. Essayer dire. La rencontre improbable. Impossible ? L’auteur et son lecteur. Sans intermédiaire. Réunis dans le lieu comme dans l’espace du poème. Dans l’ignorance de toute pose. Dans...
-
Variation, 3
Dire, dis-je. Dire, dis-tu encore. Dire, dirons-nous toujours. Dans une communauté du dire qui fasse advenir notre réalité. Celle que personne ne soupçonnait. Plus tienne. Plus mienne. Plus nôtre. Et sans titre de propriété. Dire. Dire encore. Jusqu’à...
-
À portée de main
Il suffit d'un peut-être parfois pour que le quotidien se métamorphose, devienne un possible que l'on ne soupçonnait plus, autrefois écarté comme une chimère sans corps ni tête, alors qu'il fait advenir une réalité douce à étreindre, la chair d'un rêve...
-
Variation, 10
L’autre. L’autre à présent. Ce destinataire. Celui sans lequel tout message devient lettre morte. Plus qu’un destinataire. Une destination. Nul obstacle. Seul, autrui. Lui aussi est debout. À la rencontre. Distinguer sa silhouette dans l’aube montante....
-
Variation, 2
L’écrin d’une rage plus vaste. Elle ne saurait se contenir dans l’exploration du monde. Elle puisera encore dans les ressources de l’imagination. Pour inventer de nouveaux dialectes. Et dire au plus près. L’invisible et l’inconnu. Écrire sera alors un...
-
Variation, 1
Dire. Jusqu’à l’ineffable, dire. Porter les mots jusqu’à la conquête entière du réel. Jusqu’à l’infime et l’immense. Dire. Le dire encore. Jusqu’à étendre à l’horizon le paysage des sens. Celui du sens retrouvé. Comme celui des cinq sens. Dire, significativement....
-
La parole de l'aube (suite)
La parole de l'aube, j'y reviens, comme un leitmotiv, un sésame, un ralliement qui n'aurait rien d'un mot d'ordre, mais serait la portée des actes au sens reconquis, des existences entières où le cœur bat son plein... Elle témoigne d'une quête des myriades...
-
Variation, 9
Plus qu’à se lever alors. Tant bien que mal tenir. À forer dans l’écriture, à la verticale. Dans un cri. Non. Nul cri. Juste le silence et la rectitude. Simplement debout. En accord avec le dehors. Harmonie du dedans et du dehors. Essayer tout au moins....
-
Les Fragments du Cri, 3
« Cris, tambour, danse, danse, danse, danse ! Je ne vois même pas l’heure où, les blancs débarquant, je tomberai au néant. Faim, soif, cris, danse, danse, danse, danse ! » (Arthur Rimbaud, « Mauvais Sang », Une Saison en Enfer, 1873) Une sarabande folle...
/image%2F1313241%2F20161226%2Fob_f45cca_l-esquisse-du-geste-paint.jpg)